
Lutte contre les violences conjugales : un bracelet anti-rapprochement mis en place
61, c’est le nombre recensé de féminicides présumés depuis le début de l’année 2020 par Féminicides par compagnons ou ex. Un chiffre qui fait écho aux années précédentes : au moins 126 féminicides en 2019 et 121 en 2018.
Dans le cadre de la lutte contre les violences conjugales en France, Marlène Schiappa a annoncé la mise en fonction d’un bracelet anti-rapprochement à compter de septembre 2020.
Les violences conjugales en France
Selon Marlène Schiappa, la nouvelle ministre chargée de la Citoyenneté, il y a eu « une baisse des féminicides depuis début 2020 et une baisse plus forte pendant le confinement. Il y a ensuite eu une hausse au moment du déconfinement car on sait que la rupture est très souvent un acte déclencheur du féminicide” .
En cette première moitié d’année 2020, les féminicides restent plutôt à la baisse. Pendant le confinement, les violences conjugales ont cependant augmenté. Selon le ministère du Droit des femmes, chaque année en moyenne, 201 000 femmes sont victimes de violences conjugales. Un chiffre qui semble augmenter au fil des années.
Le bracelet anti-rapprochement
Adopté quasiment à l’unanimité par l’Assemblée nationale puis le Sénat en décembre 2019, il sera opérationnel à partir de septembre 2020. Le bracelet anti-rapprochement s’imposera à tous les partenaires et ex-partenaires jugés violents.
En quoi le bracelet consiste-t-il ? Il permettra notamment de signaler aux forces de l’ordre quand un (ex-)partenaire violent s’approche trop de la victime et viole le périmètre d’éloignement. Le dispositif vise à les géolocaliser mais aussi à les dissuader.
Un long délai de mise en place
Aurélien Pradié, le politique à l’origine de la proposition de loi, avait apostrophé le gouvernement sur son manque de réactivité. Pour lui, le temps entre l’adoption de la loi et la mise en place du dispositif semblait trop long. Lors d’une interview pour Europe 1, il expliquait ainsi : « Je n’imagine pas qu’une grande nation comme la nôtre ait besoin de plusieurs mois pour appliquer des dispositions aussi essentielles de protection des femmes« . Aucune date fixe n’avait été annoncée pour la mise en fonction du bracelet anti-rapprochement.
Marlène Schiappa avait répondu de la nécessité du « temps de démocratie » pour mettre en place ce type de mesure. Pour elle, il y a d’abord « un délai entre le vote de la loi et sa promulgation (…) et ensuite, il y a un marché public« .
(Image Ă la une : Getty Images)