
Les Français et les sextoys en 2020
Si 2020 a Ă©tĂ© l’annĂ©e des confinements et couvre feux successifs, la crise du Covid-19 en a aussi fait l’annĂ©e du sextoy ! Leurs ventes auraient d’ailleurs Ă©tĂ© multipliĂ©es par six lors du second confinement.Â
Cette démocratisation concerne aussi bien les hommes que les femmes et marque un tournant dans la vie sexuelle des Français. Nous décryptons aujourd’hui l’enquête publiée par la chaine de magasin érotique Passage du Désir, menée par l’IFOP quant à l’engouement des Français pour les sextoys à l’heure du Covid-19.
2020 enterre les tabous
La vente de sextoys en France a connu un rĂ©el boom en 2020, notamment Ă cause du huit clos imposĂ© par les confinements successifs et les restrictions sanitaires.Â
Cependant, la crise du Covid-19 n’est en réalité pas la seule explication de cette généralisation de la vente et de l’usage du sextoy. Si la proportion de la population en ayant déjà utilisé à dépassé le seuil symbolique de 50%, cette hausse s’inscrit dans une mouvance plus ancienne de levée des tabous et de banalisation de leur usage. Le premier confinement n’aurait fait que déclencher l’acte d’achat.
L’utilisation de sextoy avait en effet considérablement augmenté en 2012 et en 2017, où déjà près d’une Française sur deux admettait avoir utilisé un sextoy au cours de sa vie.
2020 se caractĂ©rise ainsi d’avantage par une frĂ©quence d’utilisation plus Ă©levĂ©e par rapport aux autres annĂ©es. Les sextoys semblent ainsi se normaliser et entrer progressivement dans les mĹ“urs et dans la sexualitĂ© des Français.Â
L’année 2020 et la crise du coronavirus n’ont fait qu’enterrer définitivement les tabous et achever le processus de démocratisation de l’usage du sextoy, notamment dans le cadre du couple.
Qui utilise les sextoys ? On démêle Le vrai du faux
« Les sextoys, c’est pour les célibataires et les personnes sexuellement insatisfaites »
FAUX : Contrairement aux idées reçues selon lesquelles les sextoys seraient surtout le fait des personnes exclues de la vie de couple, il s’inscrit en réalité bien plus dans un cadre conjugal (46%) que solitaire (31%).
Également, leur utilisation concerne d’avantage les personnes très épanouies sexuellement, l’étude de l’IFOP met ainsi à mal l’idée du sextoy comme symbole d’une sexualité défaillante.
« Les sextoys, c’est surtout pour les jeunes »
VRAI : Il semble en effet que l’expérience des sextoys et leur intégration dans la sexualité s’observe principalement chez les moins de 25 ans qui les utilisent 2 fois plus que les séniors. La jeunesse aurait également un rapport beaucoup plus décomplexée à l’égard des jouets érotiques, et, dans une plus large mesure, de la sexualité.
« Les citadins aisées sont plus enclins à acheter et utiliser des sextoys »
FAUX : En rĂ©alitĂ©, l’usage de sextoys en France est bien loin des clichĂ©s vĂ©hiculĂ©s notamment par la sĂ©rie Sex and the City mettant en scène des femmes dĂ©complexĂ©es appartenant l’élite New Yorkaise. L’expĂ©rience des sextoys est plus rĂ©pandue dans les campagnes que dans l’agglomĂ©ration parisienne, cet Ă©cart est d’autant plus significatif en cas d’intĂ©gration dans l’intimitĂ© conjugale (32% des femmes rurales contre 20% Ă Paris).Â
Une révolution du plaisir
Il semble difficile de ne pas lier la démocratisation du sextoy, en couple ou en solo, à la levée progressive des tabous autour de la sexualité que l’on connait depuis quelques années. La vague de féminisme ayant suivi #meetoo se caractérisant, entre autres, par la révolution du plaisir féminin et la dé-tabouisation de la sexualité et de l’anatomie féminine. Cela peut se confirmer, par exemple, avec le succès fulgurant des sextoys à stimulation clitoridienne.
Nous l’avons mentionné, le sextoy serait d’avantage utilisé dans le cadre conjugal, ce dernier est alors perçu comme un accélérateur de plaisir. Il permet également de respecter l’idée d’orgasme partagé.

L’usage de sextoys permet aux couples de découvrir d’autres formes de sexualités, de raviver le désir et la libido et de pimenter leur intimité. Le confinement a pu également imposer la distance physique dans le couple, d’où l’utilisation de sextoys connectés par exemple. Aussi, les clients des sex-shops semblent vouloir redécouvrir le plaisir sexuel, dédramatiser de plus en plus la sexualité et acheter des jouets érotiques sans gêne ni culpabilité. Patrick Pruvot, fondateur de la chaîne de magasin érotique Passage du Désir explique lors d’une interview de France 3 :
« Notre clientèle était majoritairement âgée de 18 à 35 ans. Quand on a rouvert après le premier confinement, une clientèle cinquantenaire à commencé à venir, il y a eu un déclic. »
Si certaines personnes auraient délaissé leur vie sexuelle pendant les périodes du confinement, d’autres en ont profité pour se découvrir, se faire plaisir. Par ce qu’il libère des endorphines, l’orgasme est un excellent remède aux angoisses et aux mauvais sentiments. On comprend bien pourquoi, à l’annonce du reconfinement de Novembre, les Français ont jeté leur dévolu sur les jouets coquins !
Les sextoys contribueraient ainsi à une sexualité épanouie et les Français tendent de plus en plus à en parler librement et sans complexes.